Concert Phil Niblock

 

 

C’est devant un public médusé d’environ 150 auditeurs / spectateurs que s’est produit sur la scène de la Luciole Phill Niblock, avec pour seul instrument son ordinateur, accompagné de cinq musiciens de la région : quatre guitaristes (Thierry Aurégan, Laurent Chabot, Nicolas Courtin et Yvan Etienne) et un contrebassiste (Patrice Grente), tous munis d’un E-bow (archet électronique).

Ils nous ont interprétés « Fethwork », un morceau en trois mouvements micro tonals. L’idée était de réunir autour de Phill Niblock des musiciens venus d’univers différents (classique, free-jazz, rock…) et qu’ils se retrouvent sur le plus petit dénominateur commun qui soit en matière musicale, à savoir une seule et même note que Phill Niblock combine avec ses propres enregistrements et fait interagir en en modifiant les fréquences.

A cette musique hypnotique, lancinante et assourdissante – le niveau sonore atteignait les 100 db, transformant cette expérience musicale en une expérience physique qui prit le public littéralement au corps – répondaient les vidéos projetées en fond de scène. Ces images, toujours en plan fixe, réalisées par Phill Niblock lui-même lors de ses voyages à l’étranger, témoignent du quotidien d’hommes et de femmes au travail. Ainsi défilaient à l’écran les gestes répétitifs d’un poissonnier en Asie, des ouvriers d’une scierie en Amérique du Sud, d’un tanneur en Inde… Le travail de Phill Niblock consiste donc à confronter une musique sans harmonie et sans rythme à des images sans montage et sans dramaturgie.

Sur scène, les musiciens étaient dans la pénombre. Seuls les voyants lumineux de leur E-bow qui modulait la note tenue suggéraient leur présence, ajoutant à l’austérité de la performance.

A l’issu de la prestation, les oreilles bourdonnaient et les commentaires allaient bon train. A quoi avait-on assisté ? A un concert ou à une projection de film ? Phill Niblock est-il un musicien minimaliste ou un V-J conceptuel radical ? Et ce son continu était-il agressif ou, a contrario, invitait-il à la méditation ? Quoiqu’il en soit, personne n’est resté indifférent et même si les réactions furent mitigées, les questions suscitées attestent de la curiosité du public pour de tels évènements.

Nous tenons ici à remercier l’équipe de la Luciole d’avoir satisfait pleinement aux exigences techniques et logistiques qu’imposait ce concert tonitruant qui fera date dans la mémoire des spectateurs privilégiés qui y auront assisté.

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